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L'hindouisme au Népal
La plupart des Népalais sont hindouistes et une partie d'entre eux sont bouddhistes. Parfois, ils sont à la fois hindouistes et bouddhistes. Ici, les religions ne sont pas séparées : bouddhisme et hindouisme se côtoient et se pratiquent conjointement. Au Népal, il y a aussi des Musulmans et des Chrétiens, mais ils ne sont pas très nombreux. A Katmandou, on trouve principalement des sanctuaires hindouistes et des temples bouddhistes. Il y a aussi quelques églises et une mosquée.

Le terme « hindouisme » ne renvoie à un système de croyance que depuis peu de temps. Il provient du persan hindu et servait autrefois à designer les habitants des régions bordant le fleuve Indus. Ce mot fut ensuite utilisé par les envahisseurs musulmans pour désigner ceux qui suivaient les rites ancestraux et n'acceptaient pas l'Islam en Inde. Ce sont les Anglais qui ont les premiers utilisé le terme 'Hinduism' pour se référer à un ensemble de pratiques religieuses.

Plus qu'un ensemble de croyances, l'hindouisme définit également une organisation sociale. Le système des castes en fait partie intégrante. La caste définit dès la naissance le rang social d'une personne et le domaine dans lequel il pourra exercer une profession. Il est impossible de changer de caste au cours d’une vie. La caste la plus haute est celle des brahmanes, les prêtres. Aujourd'hui, bien qu'ils sachent à quelle caste ils appartiennent, les Népalais ne suivent pas aussi strictement ce système qu'en Inde.

Les hindouistes sont polythéistes : cela veut dire qu'ils croient en plusieurs dieux. Les principaux se nomment Vishnu et Shiva. Il existe en outre plusieurs branches dans l'hindouisme, en fonction du dieu considéré comme le plus important. Les adeptes de Vishnu sont les Vishnuites, tandis que les adeptes de Shiva sont appelés les Shivaïtes. La plupart des Népalais sont shivaïtes, ce qui signifie qu'ils considèrent Shiva comme le dieu des dieux. Pour eux, les autres divinités sont des représentations du divin.

On reconnait Shiva à son véhicule, le taureau, ainsi qu’à son arme, le trident. On retrouve ces symboles dans les différents temples qui lui sont dédiés. Shiva est un dieu créateur et destructeur. Il peut être représenté comme un être bienveillant, Pashupati, ou comme un dieu terrifiant : il prend alors le nom de Bhairab. Shiva a une épouse, Parvati, qui elle-même se présente sous différentes formes. Shiva et Parvati ont un fils, Ganesh, facilement reconnaissable avec sa tête d'éléphant. Le plus important temple consacré à Shiva est le temple de Pashupatinath à Katmandou.

Rencontre avec Hanuman Baba, sadhu de Pashupatinath

Hanuman Baba est un sadhu, un « homme saint », symbole de Shiva, le dieu des dieux du panthéon hindou. En népalais, sadhu se dit aussi baba. Hanuman est le nom du dieu des singes.

La journée de travail s’achève pour les sadhus du temple de Pashupatinath. A la tombée de la nuit, alors que les derniers touristes quittent les bords de la Bagmati, Hanuman et ses congénères nous invitent à les suivre à Pashupati Ramandir, le temple de Rama. C’est là qu’ils vivent, prient, partagent leur repas.

Les sadhus vivent d’aumône. Ceux de Pashupatinath posent pour les touristes, en échange de quelques roupies.  Reconnaissables à leurs vêtements jaunes ou orange, ils ont généralement les cheveux longs, parfois attachés en de longues rastas. Certains ont la peau recouverte de cendre, le visage et les bras maquillés de couleurs vives : du jaune et du rouge. « Cela nous protège du froid et de la chaleur ! »  Les cheveux longs ? « Celui qui fait confiance à Shiva ne se coupe jamais les cheveux ! ».

Pour les sadhus, explique Hanuman Baba, il est très important de faire avec vérité tout ce que l’on fait, de ne jamais avoir de pensées négatives ou néfastes, de respecter tout le monde, sans discrimination, de ne pas faire le mal et d’être accueillant.  


Cérémonies hindoues

Les crémations à Pashupatinath

A Katmandou, une partie des cérémonies de crémation ont lieu sur la rive Est de la rivière sacrée Bagmati, au temple hindou de Pashupatinath. Le jour de notre visite, une famille népalaise pleure son fils de 20 ans. Son corps a été rapatrié  la veille des Etats-Unis. Ashok Bhattarai était parti étudier au Texas et travaillait au Missouri City store, un supermarché de Houston, pour subvenir à ses besoins. Il y a une dizaine de jours, plus tôt un jeune afro-américain de 17 ans est entré dans le supermarché. Il a tiré sur le jeune népalais, avant de s'enfuir avec un butin de 5000 dollars.
 
Sur la rive Est de la Bagmati, après le pont qui enjambe la rivière, une famille rend au défunt les derniers hommages. A droite, le mouroir. Cela porte malheur d'y entrer. Le corps nu du défunt est enveloppé dans des suaires blancs et orange. Des colliers d'œillets d'Inde, des poignées de riz et des pièces de monnaie sont déposés sur la dépouille. Le fils aîné, aidé de membres de sa famille, porte le corps près de la rivière pour le laver. Avec de l'eau et du sable. Les pieds, puis les mains. Le corps est ensuite porté sur un ghat de crémation, quelques dizaines de mètres en aval. Le ghat de crémation est l'emplacement carré sur lequel le corps va être incinéré.

Les hommes appartenant à la famille du défunt se font entièrement raser la tête en signe de deuil. Pendant l'année suivante, ses fils ne porteront plus que des vêtements blancs.  Un proche, dépose le feu sur le front du défunt : c'est le début de l'incinération. Un homme employé pour l'occasion par la famille est ensuite chargé d'alimenter le bûcher avec de la paille. Une fois le corps totalement incinéré, il pousse avec une longue perce de bambou les bûches dans la rivière. Les proches nettoient à l'eau le ghat de crémation.

En aval, une jeune fille lave du linge. Une femme s'apprête à tremper son nourrisson dans la rivière sacrée pour la toilette. Le soir, à la nuit tombée, alors que des flammes s'élèveront encore des bûchers de la rive Est de la Bagmati, sur la rive opposée, des danses et des chants emplis d'allégresse rendront hommage à Shiva, le dieu des dieux pour les hindous.