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Jour après jour / semaine 3
Du 20 au 26 octobre

Lundi matin, nous repartons en direction de Bauddha, un quartier à l’Est de Katmandou. Nous retournons réaliser un reportage dans un atelier de tissage de tapis, dont le patron est un ami de Krishna. Je discute avec la jeune Dolma Lama, 15 ans. Elle travaille ici depuis six mois, de 13 à 14h par jour, 6 jours par semaine, comme la quarantaine d’employés qui vivent et travaillent sur le site. En début d’après-midi, nous retrouvons Dhurba Prasad Bhandari, le principal de l’école Shree Sunthakhan. Grâce à lui, nous rencontrons le directeur d’une école de médecine. Il nous explique le fonctionnement de son établissement, ainsi que celui de l’hôpital qui en dépend.

Mardi et mercredi, nous  travaillons sur nos reportages. Alors que Michel retourne dans les rues de Katmandou réaliser des images de la vie quotidienne, je me consacre à l’écriture et à l’observation. Mercredi soir, nous assistons à la répétition de danse des jeunes moines du monastère bouddhiste Buddha Dharma. Danse des squelettes, danse tantrique, les moinillons tournent continuellement, dans un sens, dans l’autre, puis se contorsionnent avec grâce. Nous ignorions que les moines dansaient si bien.

Jeudi, nous longeons les bords de la rivière Vishnumati, à la rencontre des travailleurs qui collectent les matériaux pouvant être recyclés. En dépit des détritus qui jonchent les rues de la capitale, le tri et le recyclage organisés existent.  Plusieurs groupes sont rassemblés sur la rive ouest de la rivière. Ils récupèrent le plastique, le verre, le métal, mais aussi les chaussures usagées, le carton. Les matières qui demandent un traitement plus lourd, comme le verre sont envoyées en Inde.

Vendredi matin, nous prenons le bus en direction de Bungmati, petit village traditionnel newar au Sud de Katmandou. Nous arrivons pendant la moisson du riz. Les grains déjà récoltés sont étalés au soleil pour sécher. Il y en a partout : dans les rues, devant les maisons, autour des temples. Pieds nus, les femmes creusent des sillons et laissent de belles vagues dorées au milieu des amas de riz. Dans les champs alentours, des groupes sont encore occupés à la récolte. Pas de tracteur, la moisson se fait à la main. Une petite machine actionnée au pied permet de faire sortir les grains des gerbes de riz.

Samedi midi, nous sommes invités chez Som Nath Niroula, le professeur d’anglais de l’école Shree Sunthakan. Une grande partie de sa famille est là : ils sont venus pour nous voir, m’explique notre hôte. Som Nath est le cinquième d’une fratrie de neuf. Plusieurs de ses frères et sœurs, beau-frère et belle-sœur, neveux et nièces sont là, ainsi que son oncle, âgé de 80 ans (l’espérance de vie est ici de 59 ans) et ses parents. Sa femme et ses trois fils sont également présents. Nous buvons le thé, discutons, traduisons les uns pour les autres. Som Nath, son fils aîné, son beau-frère et moi parlons en anglais. Ils traduisent en népalais pour les autres, je traduis en français pour Michel.

Abonnée aux cours du dimanche, en cette fin de semaine, je découvre l’école privée de Shubadheep. Les institutrices me reçoivent et me font visiter leur établissement. Dans chacune des salles que je visite, je dois faire une intervention, pour que les élèves profitent de ma présence. « Ils ont beaucoup de choses à vous demander ! », m’assurent les enseignantes. Ici, la majorité des cours se passent en anglais et la discipline est plus stricte qu’à l’école de Sunthakhan. Michel viendra visiter cette école avec moi dimanche prochain, afin de prendre des photos. Décidément, le dimanche est mon jour d’école préféré.